Entretien réalisé par Liam Michael Quinn, responsable de la communication de la Congrégation, Généralat de Rome.
Sœur Julia Mary, originaire de l’Inde, et sa partenaire de mission, Mme Josefina Tondo , originaire des Philippines, ont pris leurs fonctions au sein du nouveau Bureau de Formation de la Congrégation en juin 2025. Sœur Julia est titulaire d'une licence en sociologie, d'un diplôme en théologie, en accompagnement et formation, ainsi que de qualifications en droit canonique et en communication. Depuis 13 ans, elle se consacre à la formation, accompagnant les sœurs à différentes étapes de leur parcours. Elle a été directrice des pré-novices pendant 8 ans et directrice des novices pendant 2 ans pour les provinces du Centre-Est de l'Inde/Népal et du Sud-Ouest de l'Inde. Elle a travaillé auprès d'enfants, d'adolescentes et de femmes en difficulté dans le cadre de programmes communautaires et collabore avec d'autres congrégations à la formation des partenaires, à la pastorale des jeunes et à des initiatives d'inter-formation.
Le parcours de Jo allie bénévolat missionnaire, formation et encadrement académique. Elle a débuté comme étudiante bénévole auprès de communautés marginalisées aux Philippines, puis a œuvré pour les Missions laïques catholiques philippines, tant au niveau local qu'au Kenya. Elle a passé dix ans à la formation pastorale à l'Institut pastoral d'Asie de l'Est, puis dix autres années à l'Institut de formation et d'études religieuses, où elle enseignait et coordonnait des cours de pastorale. Sur le plan académique, elle a été professeure agrégée à l'Université De La Salle, puis a occupé d'importantes fonctions administratives dans une université d'État, notamment celles de doyenne, de vice-présidente à la recherche, et de présidente de l'OIC. Elle est titulaire de diplômes en sciences sociales, en sociologie pastorale et d'un doctorat en anthropologie.
Q. Qu'est-ce qui vous a incitée accepter ce nouveau rôle ?
JM: Je n'aurais jamais imaginé travailler dans le domaine de la formation, mais depuis ma profession perpétuelle en 2012, j'accompagne des femmes en formation, de leur candidature au noviciat. En fait, lorsque ma Provinciale m'a initialement demandé d'accompagner les pré-novices, j'ai hésité car je ne me sentais pas prête pour une telle responsabilité. Mais sa confiance en moi m’a donné le courage de dire ''accepter'' le cœur ouvert, prête à apprendre tout au long du chemin.
Avec le recul, je me sens reconnaissante et profondément comblée. Ce parcours n’a pas seulement consisté à accompagner d’autres personnes, mais a contribué à mieux me connaître. Chaque groupe de sœurs, au début de leur formation, m’a appris quelque chose de nouveau, et je garde précieusement leurs histoires dans mon cœur. Au fil des années, j’ai éprouvé une grande joie à voir comment je suis devenue une bergèreMes expériences dans la pastorale des jeunes et l’accompagnement pastoral ont également enrichi et dynamisé ce chemin – ce fut véritablement un chemin de grâce et de croissance.
JT: Ce qui m’a inspirée à répondre à cet appel, c’est une 'conversation de prière, un jour' avec sainte Marie Euphrasie. En 2018, j’ai été invitée à participer à un programme de formation, ''L'amour, cœur de l'univers'' pour les sœurs juniors à Angers, en France. Un après-midi, lors de ma promenade habituelle dans les jardins de la Maison-Mère, j'ai découvert la tombe de notre fondatrice, qui y est enterrée. C'était la première fois que je me trouvais si près de la pierre tombale d’une sainte, et je me suis sentie profondément bénie. Je me souviens avoir prié, cherchant sa guidance pour accomplir la volonté de Dieu dans ma vie. Pendant que je priais, une sœur est passée et m'a demandé si j'avais vu le tunnel construit par sainte Marie Euphrasie. Comme je ne l'avais pas vu, elle m'y a conduite en me racontant l'histoire de sa construction.
Lorsque j'ai reçu l'invitation à devenir membre de la nouvelle CFO en avril 2025, je me suis souvenue de cette prière et je me suis demandé si cela pouvait faire partie du chemin et de la guidance que je recherchais. Confiante que notre fondatrice me guide avec douceur, j'ai accepté ce nouveau rôle. Je vois cet engagement comme un retour à la mission et au service, et j'espère que l'exemple du témoignage de la Congrégation approfondira en moi le zèle du Bon Pasteur pour la mission auprès des personnes marginalisées.

Q. Depuis votre prise de fonctions, qu’avez-vous constaté concernant les besoins et les défis actuels de la formation au sein de la Congrégation ?
JM: J’ai constaté que la formation est un cheminement qui nous invite à ressembler à une graine: enracinée, patiente dans l’obscurité, et confiante que la lumière finira par apparaître. En tant que nouvelle équipe, nous avons d’abord ressenti le besoin de nous construire, de tisser ensemble différentes expériences et cultures, et de cultiver un vrai sentiment d’unité au sein de la Congrégation. Notre équipe incarne notre dimension internationale ; nos liens avec d’autres Bureaux de la Congrégation et avec diverses Unités nous ont déjà permis de dépasser les frontières. Je repense aux paroles de sainte Marie Euphrasie : ''Mes chères filles, allez et dressez votre tente là où il y a des âmes à sauver, car l’amour n’a pas de frontières.'' Cet esprit continue de nous inspirer à tendre la main, à créer des liens et à servir, le cœur ouvert.
La rencontre avec les responsables d’Unité et les formatrices a révélé une forte et vivante énergie d’espérance au sein de toute la Congrégation. Il y a une belle ouverture et une réelle volonté d'accueillir la nouveauté et de cheminer ensemble en formation. Ce qui me touche le plus, c'est le désir partagé de renforcer la formation, tant pour les sœurs que pour les partenaires de mission, afin que, dans notre diversité, nous ne fassions plus qu'un seul cœur et un seul esprit, perpétuant ainsi la vision de saint Jean Eudes et de sainte Marie Euphrasie. Il n'y a qu'une seule voix et un seul esprit parmi nous : le désir de faire de la formation la véritable vitalité de notre Congrégation.
JT: Bien que la directrice de la formation ait été nommée en juin 2025, nous n'avons été officiellement présentés aux responsables d'Unité et aux formatrices qu'en octobre 2025. Par la suite, nous avons tenu des réunions de présentation avec plusieurs services de la Congrégation, notamment GSIF, GSIJP, la Communication, le Centre de spiritualité et la Protection de l'enfance, afin de mieux comprendre les réalités actuelles de la formation.
Nous avons entamé des rencontres avec les formatrices de la région Asie-Pacifique, avec pour objectif immédiat d'établir un lien avec toutes d'ici le premier trimestre 2026. À ce jour, nous avons rencontré des formatrices des provinces du Centre-Est de l'Inde et du Népal, du Sud-Ouest de l'Inde, de Singapour et de la Malaisie, des Philippines et du Japon, et de l'Asie du Nord-Est, ainsi que des partenaires de mission et du Programme d'amélioration de la mission. Bien que ces premiers échanges aient été fructueuxil est encore trop tôt pour cerner clairement les besoins et les défis actuels en matière de formation au sein de la Congrégation. Nous espérons avoir une compréhension plus précise et plus complète une fois les échanges avec toutes les formatrices du monde terminés.
Q. Dans un monde en pleine mutation, quelles sont, selon vous, les qualités essentielles à cultiver chez les formatrices et les personnes en formation ?
JM: : Dans un monde qui évolue si rapidement – socialement, culturellement et spirituellement –, je crois que les qualités essentielles à cultiver, tant chez les personnes en formation que chez celles qui les accompagnent, sont : l'amour véritable, une présence bienveillante et une écoute humble. Notre monde aspire aujourd'hui profondément à un amour authentique, à des cœurs capables de guérir et à des personnes qui écoutent véritablement, non seulement avec leurs oreilles, mais avec compassion et compréhension.
En ce temps de vérité, nous sommes appelés à incarner une culture universelle de justice par nos paroles, mais aussi par nos attitudes et nos comportements au quotidien. Nous sommes appelés à vivre comme Jésus, radical dans sa pensée, ses paroles, ses actes et sa vie. À respecter l'autre comme une personne créée par Dieu. S'écouter avec le cœur, les uns les autres et toute la Création, est, je crois, l'une des manières les plus transformatrices de répondre aux besoins de notre monde et à l'appel à la formation aujourd'hui.
JT: Nos Constitutions abordent cette question aux articles 54 et 55, où il est dit :'' Par l’intégration progressive des dimensions humaine et spirituelle de notre vie, nous devenons des chrétiennes authentiques, des religieuses adultes et données, des apôtres efficaces,'' et ''Par la fidélité à notre façon de vivre en Sœurs du Bon Pasteur, nous exerçons une profonde influence les uns sur les autres. Le témoignage d’une communauté centrée sur le Christ, enracinée dans la charité et la joie, nous entraîne et nous srimule à vivre pleinement notre vocation”.
Cette question est également abordée dans les Directives de formation de la Congrégation de 2014 et leur supplément de 2019. Ces documents présentent les qualités essentielles à cultiver chez les personnes en formation. Bien que les qualités des accompagnateurs ne soient pas mentionnées, on présume qu’ils incarnent ces mêmes qualités de manière plus exemplaire.
Q. Pour l’avenir, qu’est-ce qui vous donne de l’espérance alors que vous continuez à façonner la vie et la mission de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur ?
JM: : Ce qui me donne de l’espérance, c’est que dans toutes les conversations que j’ai eues jusqu’à présent, un profond optimisme se dégage quant à l’évolution de notre Congrégation. Même si nous avons des points de vue différents sur la formation des sœurs et des partenaires, nous partageons un désir profond de transformation personnelle :pour comprendre qui nous sommes, ce que nous sommes et pourquoi nous existons. Nous reconnaissons que chacun d'entre nous se trouve à un stade différent dans le tissage des fils de la formation continue, mais à travers nos rencontres, nous ressentons un profond désir de rester ancrés dans l'esprit de la mission du Bon Pasteur. Les questions de réflexion: 'Pourquoi suis-je ici ? Quelle est la raison de ma présence ici ? Qu'est-ce que j'espère offrir ?' continuer à nous éveiller et à ouvrir de nouvelles voies pour une communion plus profonde et une croissance dans notre cheminement de formation mondiale.
Ces conversations révèlent également qu'en tant que corps composé de nombreuses parties, nous sommes appelés à collaborer, à nous soutenir mutuellement et à puiser dans nos forces collectives pour le bien de l'humanité. Nous poursuivons cette mission avec le grand cœur du Berger, en suivant les traces de saint Jean Eudes et de sainte Marie-Euphrasie.
JT: Nous sommes reconnaissants envers toutes les personnes que nous avons rencontrées, virtuellement ou en personne, pour leurs encouragements bienveillants à l'égard du directeur financier. Elles ont renforcé notre espoir et notre détermination faire tout notre possible pour la formation de l'OLCGS. Nous sommes impatients de renforcer ces relations et d'explorer de nouvelles façons créatives de collaborer et de nous soutenir mutuellement à travers toute la Congrégation.






