Providence et Pratique : Le Parcours du Centre Grace

Providence et Pratique : Le Parcours du Centre Grace

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Providence et Pratique : Le Parcours du Centre Grace

Providence et Pratique : Le Parcours du Centre Grace

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Le Centre Grace, souvent appelé Centre du Bon Pasteur, trouve ses origines en 1932, lorsque les Sœurs du Bon Pasteur ont fondé l'école ‘University Mound’ pour jeunes filles à San Francisco afin d'offrir sécurité, éducation et stabilité aux jeunes filles placées par le système de justice pour mineurs. En 1961, constatant que de nombreuses jeunes femmes se retrouvaient sans ressources après leur majorité, les sœurs se sont associées à des syndicats locaux et à des donateurs pour construire un foyer de transition – Grace Cottage, devenu plus tard le Centre Grace – entièrement grâce à des dons de main-d'œuvre et de matériaux. À la fin des années 1980, la mission a évolué pour devenir un Centre de réinsertion agréé, accompagnant les femmes en quête de guérison et de stabilité à long terme. Aujourd'hui, ce Centre du Bon Pasteur offre aux femmes un lieu de réinsertion sûr et chaleureux.

Nous vous proposons ici un extrait d'une récente interview réalisée par Sœur Monique Tarabeh avec Sœur Marguerite Bartling, directrice générale du Centre Grace. Sœur Marguerite est titulaire d'une maîtrise en travail social, d'une certification en toxicomanie et a suivi une formation en administration du travail social à l'Université d'État de San Francisco.

 

Sœur Monique: Si je franchissais la porte d'entrée aujourd'hui, je remarquerais sans doute le rythme d'une vraie maison et la stabilité du personnel. Aidez nos lecteurs à se représenter les pièces, les personnes et le rythme quotidien.

Sœur Marguerite: Nous pouvons accueillir 18 femmes. Nous avons récemment ajouté cinq chambres grâce à un don exceptionnel. Juste avant la pandémie de COVID, un foyer pour femmes en réinsertion a fermé ses portes et a décidé de répartir ses actifs entre trois programmes. Un vendredi, le président du conseil d'administration nous a appelées et nous a invitées à candidater. La subvention était très généreuse. Elle nous a permis de nous développer au moment opportun. Aujourd'hui, nous avons une assistante sociale, du personnel l'après-midi qui prépare un dîner maison, une veilleuse de nuit et une responsable de programme qui coordonne les services et le développement professionnel. Nous sommes un établissement agréé, avec du personnel présent 24h/24, et nous cultivons une atmosphère chaleureuse et familiale. Les sœurs vivent sur place, ce qui renforce le sentiment de sécurité.

Marguerite Bartling (center) with Sr. Regina Do (left) and Donna Miles (right).

Sœur Monique: J'apprécie la façon dont vous associez l'accueil à la responsabilité. La dignité n'est pas un concept abstrait pour vous. Elle se manifeste dès le premier jour dans la manière dont une femme est reçue. Expliquez-nous les premières étapes et comment l'accessibilité financière reste au cœur de notre démarche.

Sœur Marguerite : Nous commençons par le respect de la dignité. Nombreuses sont celles qui arrivent sans domicile fixe, peu qualifiées pour un emploi stable, avec des obligations légales comme une mise à l'épreuve ou des cours obligatoires, et souvent un sentiment de honte. Nous les stabilisons d'abord, puis nous invitons chaque femme à se fixer des objectifs qui reflètent ses véritables aspirations, notamment des études au City College voisin, des soins de santé et un soutien psychologique, le retour aux sources familiales, des moyens de transport et des pistes d'emploi. Nos tarifs sont adaptés aux revenus, car le rétablissement ne doit pas être un luxe. Une femme nous a confié qu'il lui avait fallu deux semaines avant de pouvoir répondre à une simple question : « Que voulez-vous faire ? » Personne ne la lui avait posée auparavant. Considérer chaque femme comme une personne digne, cela change la donne. What do you want to do? No one had asked her before. Treating each woman as a person of worth changes the trajectory.

Sœur Monique : Permettez-moi de préciser quelque chose à nos lecteurs. Le Grace Center n'est pas un service hospitalier et ne propose pas de traitement principal. Vous décrivez un lieu de vie en milieu résidentiel qui rend la sobriété accessible à tous. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce modèle de mentorat et sur l'importance de cette structure ?

Sœur Marguerite : Nous privilégions le mentorat pour le rétablissement. La plupart des résidentes arrivent après trois mois de traitement initial et conservent leurs thérapeutes et leurs parrains/marraines de rétablissement. Notre équipe leur offre un cadre structuré, un suivi et un soutien pratique pour que le travail de rétablissement s'ancre durablement dans leur vie quotidienne. Le rythme quotidien est essentiel. Le dîner est chaud. Une personne est toujours de service. Les objectifs sont régulièrement évalués. Les obligations judiciaires sont respectées. Pas à pas.

Sr. Donna Miles with one of the Gracenter residents at Christmas time.

Sœur Monique : Les résultats sont souvent discrets et constants, mais certaines histoires sont brillantes. Pourriez-vous partager quelques exemples illustrant l'effet d'entraînement positif lorsqu'une femme retrouve la santé et la stabilité ?

Sœur Marguerite : Cet effet d'entraînement est bien réel. Lorsqu'une femme retrouve la santé, elle peut subvenir aux besoins de sa famille et contribuer à une communauté plus sûre. Certaines histoires sont particulièrement marquantes. Une ancienne résidente a fondé Rocket Dog Rescue, une association qui a permis à des milliers de chiens de trouver un foyer permanent. Une autre a lancé un programme de rétablissement pour les femmes avec enfants. Nous constatons des relations renouées, des logements stables, des emplois honnêtes et la fierté discrète qui accompagne le respect d'une promesse faite à soi-même.

Sœur Monique: J'apprécie que le rétablissement laisse aussi place à la joie. Dans des maisons comme la vôtre, on rit, on célèbre et on adopte même. Racontez-nous un ou deux moments de légèreté qui vous font encore sourire.

Sœur Marguerite: Deux exemples me viennent à l'esprit. Un jour, une ancienne pensionnaire de Rocket Dog Rescue a fait un détour pour venir à notre fête afin de sauver deux chiens condamnés à l'euthanasie. Elle est arrivée avec un chiot qui a conquis le cœur de tous. Nous l'avons gardée et l'avons appelée Gracie. À sa manière, elle est un véritable chien de thérapie. J'entends souvent un résident murmurer, "Je t'aime, Gracie..'' Notre autre amie est une chatte qui nous a choisis avant la COVID. Nous l'avons appelée Rosie, en l'honneur de Sainte Marie Euphrasie. Rosie est présente pour le petit-déjeuner et le dîner – jamais pour le déjeuner – ce qui me laisse penser qu'elle a une deuxième maison. Gracie et Rosie cohabitent paisiblement à l'intérieur. Dehors, c'est un peu la course. Nos animaux nous apportent du réconfort, des rires et un sentiment de « chez-soi.

Sœur Monique: Le partenariat est un fil conducteur depuis vos débuts. Thés, syndicats, banques, donateurs, voisins… Parlez-nous des compagnons qui ont été avec vous le plus longtemps et comment leur présence se fait encore sentir aujourd'hui.

Sœur MargueriteNotre association féminine a vu le jour en 1932. Leur premier thé a eu lieu le 16 septembre de cette année-là. Depuis, elles soutiennent nos partenaires missionnaires et nos collectes de fonds. De la banque irlandaise Hibernia qui nous a fait confiance il y a des décennies, aux syndicats qui ont construit notre foyer de transition, en passant par les donateurs qui répondent au téléphone un vendredi après-midi avec une grâce inattendue, nous constatons la même chose : Dieu envoie des gens.

Sœur Monique: Parlons de la situation actuelle. Vous accueillez une nouvelle responsable au sein de l'équipe et vous gérez la croissance avec soin. Combien de femmes sont avec vous actuellement, et à quoi ressemblera une croissance saine pour la prochaine étape ?

Sœur Marguerite: Nous avons 10 femmes en résidence et une capacité d'accueil de 18. Une nouvelle responsable de programme vient de nous rejoindre et apporte de solides liens avec la communauté. Notre objectif est d'accueillir des femmes motivées par le rétablissement. Pour nous, la croissance ne se mesure pas uniquement en chiffres.

Télécharger Cercle de bénédictions ici pour lire l'intégralité de l'interview (en anglais).

Pour en savoir plus sur les programmes, les possibilités de bénévolat ou les façons de soutenir le travail du Grace Center, rendez-vous sur : www.gsgracenter.org

 

 

 

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