Par Sœur Margaret Lynch, coordinatrice Justice et Paix de Good Shepherd International
Le 2 décembre 2025, Bon Pasteur International pour Justice et Paix et Centre national de plaidoyer des Sœurs du Bon Pasteur ont publié une déclaration commune. La déclaration souligne leur crainte que le retrait américain de l’Examen périodique universel (EPU) des Nations Unies mette en péril le processus le plus efficace pour la protection des droits humains universels.
Le 28 août 2025, les États-Unis ont annoncé leur retrait de l’EPU, processus par lequel la communauté internationale examine le bilan de chaque pays en matière de droits humains. C’est la première fois depuis la création de l’EPU en 2006 qu’un État membre se retire complètement de son propre examen.
Pour la mission du Bon Pasteur, fondée sur la dignité de chaque personne et la transformation des structures injustes, l'EPU est un outil essentiel pour faire entendre la voix de celles et ceux qui sont souvent ignorés : les femmes et les filles, les migrants, les personnes vivant dans la pauvreté et les victimes de violence. Le retrait des États-Unis est donc profondément préoccupant.
Qu'est-ce que l'EPU?
L'EPU est un mécanisme de coopération apolitique conçu pour permettre à tous les gouvernements, quelle que soit leur puissance ou leur taille, de rendre compte de leurs progrès et des difficultés rencontrées en matière de respect des droits humains. Les organisations de la société civile, les groupes confessionnels et les acteurs communautaires y apportent des informations cruciales, garantissant ainsi la prise en compte des réalités vécues par les groupes vulnérables.
Pourquoi ce retrait est-il important ?
Cette décision intervient à un moment où les droits humains suscitent de vives inquiétudes aux États-Unis. Les rapports de la société civile soumis en début d'année mettent en lumière plusieurs problèmes, notamment :
- la persistance des discriminations raciales
- l'aggravation des difficultés rencontrées par les migrants et les demandeurs d'asile
- la réduction de l'espace civique
- la pauvreté, l'insécurité alimentaire et les dommages liés au changement climatique
- l'érosion des protections accordées aux femmes, aux filles et aux communautés marginalisées.
Plus de 100 organisations de la société civile basées aux États-Unis ont préparé des rapports détaillés pour l'EPU, espérant que ce processus susciterait une plus grande attention et une meilleure responsabilisation de la communauté internationale. Le retrait du gouvernement américain supprime un mécanisme essentiel à cet examen.
Un risque pour le système mondial des droits de l'homme
L'universalité de l'EPU est essentielle à sa crédibilité. Le retrait des États-Unis, État doté d'une influence considérable, risque d'inciter d'autres pays à faire de même. Cela menace le cadre mondial conçu pour protéger la dignité et les droits de tous, en particulier des personnes les plus vulnérables face à l'injustice.
Perspectives d'avenir
En tant que Bon Pasteur, nous restons déterminés à soutenir les communautés dont la voix ne doit pas être réduite au silence. Nous continuerons d’appuyer les actions de plaidoyer qui appellent les gouvernements à protéger la dignité humaine, à respecter les droits humains et à œuvrer pour le bien commun -continue de se faire entendre.
En tant que Bon Berger, nous restons engagés à soutenir les communautés dont les voix ne doivent pas être réduites au silence. Nous continuerons à soutenir les efforts de plaidoyer qui appellent les gouvernements à protéger la dignité humaine, à défendre les droits de l’homme et à poursuivre le bien commun.






