Du 13 au 19 juin 2026, des sœurs contemplatives et des responsables de toute la Région d’Afrique se sont réunies à Donum Dei, à Karen, au Kenya, pour une semaine de prière, de dialogue et de discernement partagé, centrée sur la dimension contemplative de la vie, de la mission et des apostolats du Bon Pasteur.
Les sessions sont nées d’une demande des Sœurs contemplatives du Kenya, qui avaient sollicité le soutien de l’Équipe de leadership de la Congrégation alors qu’elles poursuivaient leur chemin de transformation personnelle et communautaire. Les Sœurs Sadhani et Edith ont animé le programme en présentiel au nom de l’Équipe de leadership de la Congrégation.
Initialement destinée aux sœurs des trois communautés contemplatives missionnaires de France, du Portugal et de la Province d’Afrique centrale orientale, la rencontre a été élargie, à l’invitation des sœurs contemplatives, aux responsables d’Unité de toute l’Afrique. Cette participation plus large a permis non seulement d’explorer la vie contemplative, mais aussi d’approfondir les relations entre les expressions contemplative et apostolique de l’unique mission de la Congrégation.
Les 14 et 15 juin, la rencontre s’est encore élargie avec deux journées de participation en ligne. Des sœurs apostoliques, des sœurs en formation initiale, d’autres sœurs de toute la Région d’Afrique ainsi que des Partenaires dans la Mission se sont joints aux échanges, reliant ainsi des participantes de différentes communautés et de différents pays. La Responsable de la Congrégation, Sœur Joan Lopez , a ouvert cette partie du programme en s’adressant aux participantes.
Explorer un appel contemplatif partagé
Les sessions ont abordé la réconciliation, une culture universelle de justice, la vie contemplative et la dimension contemplative de la mission, la clôture, le leadership spirituel, le partenariat ainsi que l’intégration concrète requise par les nouvelles structures de gouvernance de la Congrégation.
Ces thèmes ont encouragé les participantes à considérer la vie contemplative non pas comme quelque chose de séparé de la mission au sens large, mais comme une source de profondeur spirituelle pour l’ensemble de la mission. Pendant quatre jours, les responsables d’Unité sont entrées plus profondément dans le mode de vie des sœurs contemplatives, renforçant ainsi leur compréhension de sa richesse et de sa contribution à la mission en Afrique et dans toute la Congrégation.
Les conversations ont également invité à une réflexion sincère sur les relations, la vie communautaire interculturelle, la vulnérabilité, le pardon et la transformation demandée à chaque personne. Une participante a partagé : «Combien la réconciliation et le pardon sont importants dans nos vies. Dieu est bon !» Une autre a reconnu que le leadership spirituel est une responsabilité partagée, affirmant simplement : «Le leadership spirituel appartient à tous. »
Cette expérience a revêtu une importance particulière alors que la Région d’Afrique poursuit son processus de régionalisation. Plutôt que de considérer les nouvelles structures comme un simple exercice administratif, les participantes ont exploré comment la gouvernance pouvait s’enraciner dans une communion plus profonde, l’ouverture et la responsabilité partagée.
«J’espère qu’avec la régionalisation, nous atteindrons notre destination sans crainte», a déclaré une sœur. Une autre a résumé la force trouvée dans la communion : «Ensemble, nous sommes fortes. »
Une transformation ancrée dans la réalité
Les commentaires des participantes ont révélé que les sessions ont été vécues non seulement comme un temps d’apprentissage, mais aussi comme une invitation à la conversion personnelle.
«Je rêvais de ces sessions depuis longtemps, et maintenant elles sont devenues réalité», a partagé une sœur. Une autre a décrit avoir vécu «une petite Transfiguration», tout en reconnaissant la responsabilité de «redescendre de la montagne» et de porter dans la vie quotidienne ce qui avait été reçu.
Les réflexions ont reconnu que la transformation est rarement immédiate ou simple. «La transformation commence lorsque nous accueillons la réalité», a observé une participante. Une autre a parlé avec la même sincérité : «Honnêtement, la Transfiguration n’a pas eu lieu. Mais je crois au processus. »
Ces réponses reflétaient l’atmosphère de la rencontre : pleine d’espérance mais réaliste, enracinée dans la foi tout en restant ouverte à la vulnérabilité, au dialogue et à une croissance continue. Les participantes ont identifié la communication, la transparence et l’attention portée à leurs aspirations les plus profondes comme des éléments essentiels de la transformation. «La communication approfondit nos relations», a affirmé une sœur.
À la rencontre de la mission à travers le Kenya
À la suite des sessions à Karen, les responsables d’Unité se sont rendues à Mombasa et à Kitale, où elles ont découvert différentes réalités sociales, culturelles et apostoliques du Kenya. Le voyage lui-même — en train, en ferry et en tuk-tuk — a offert à de nombreuses participantes un nouveau regard sur le pays et a fait partie de leur préparation à une collaboration plus étroite au sein de la Région d’Afrique.

À Mombasa, les responsables ont découvert la beauté et l’énergie de la ville côtière, tout en écoutant plus profondément les expériences des femmes et des enfants touchés par la prostitution, le travail des enfants, la traite des personnes et d’autres formes d’exploitation et de violence. Leur visite à Fort Jesus les a confrontées à l’histoire de la traite des esclaves et, plus largement, à l’histoire africaine de la souffrance, de la résilience et de la libération.
À Kitale, elles ont visité une communauté qui accompagne des jeunes et des femmes à travers des programmes d’agrobusiness, de formation en informatique, de confection de vêtements, de restauration et de formation aux métiers de la beauté. Ces initiatives ont montré comment une formation pratique et un accompagnement peuvent ouvrir des chemins vers la dignité, l’autonomie économique et l’espérance.
La visite s’est achevée par un temps au Parc national de Nairobi, où les participantes ont contemplé la beauté et la diversité de la Création — un rappel que le soin des personnes, des relations et du monde naturel fait partie d’un même appel sacré.
Les journées au Kenya ont renforcé les liens et fait émerger de nouvelles possibilités à travers la prière, des conversations sincères et la rencontre. Ce qui avait commencé comme une demande des Sœurs contemplatives du Kenya est devenu un pèlerinage plus large de communion, affirmant que l’esprit contemplatif demeure vivant au cœur de la Congrégation —appelant les sœurs et les Partenaires dans la Mission à avancer vers la réconciliation, la justice, l’unité et une mission renouvelée.






