Par Sœur Jean Marie Fernandez, superviseure, Marymount Convent School, Singapour
« Je ne veux plus que l’on dise que je suis française. Je suis italienne, anglaise, allemande, espagnole, américaine, indienne, africaine ; je suis de tous les pays où il y a des âmes [des personnes] à sauver. » Sainte Marie Euphrasie
Chaque année, le 21 juillet, la population de Singapour célèbre la Journée de l’harmonie raciale. Cette journée rappelle les tragiques émeutes raciales de 1964, au cours desquelles des vies ont été perdues et de profondes blessures ont été laissées à un moment déterminant de l’histoire de Singapour. Instituée par le ministère de l’Éducation en 1997, elle rappelle à chaque nouvelle génération que l’harmonie sociale est précieuse et qu’elle ne doit jamais être considérée comme acquise.
L’harmonie n’est pas le fruit du hasard. En se construisant comme nation, Singapour a choisi la voie courageuse d’une société dans laquelle des personnes d’ethnies, de religions, de cultures et de langues différentes puissent vivre ensemble comme un seul peuple. Notre diversité n’est pas quelque chose à surmonter ; elle doit être respectée, chérie et tissée dans notre identité commune.
Cet esprit a pris vie à Marymount Convent School lors de la célébration du thème 2026, «Notre peuple, notre tapisserie». L’école s’est remplie de couleurs éclatantes et de joyeuses expressions d’identité culturelle. Élèves et membres du personnel ont porté avec fierté des tenues traditionnelles chinoises, malaises, indiennes et d’autres cultures, notamment des cheongsams, des baju kebaya et des saris.

Dans les jours précédant la célébration, nos élèves ont également pris plaisir à jouer à des jeux traditionnels tels que le Pick-Up Sticks, le capteh — un jeu dans lequel les participantes maintiennent en l’air avec leurs pieds un petit volant à plumes — et les toupies. Par le jeu et les expériences partagées, elles ont découvert la joie d’apprendre à connaître les traditions les unes des autres.
Nous sommes reconnaissants envers les membres du personnel, les parents bénévoles et les élèves responsables qui ont rendu cette célébration possible. Grâce à leurs efforts, nos élèves ont pu faire l’expérience d’une leçon importante : nos différences ne nous divisent pas ; elles enrichissent la tapisserie que nous créons ensemble.
En tant qu’école de la mission du Bon Pasteur, cette célébration exprime profondément qui nous sommes. Nous croyons que chaque personne est créée dans la dignité et mérite respect, accueil et compassion. Notre mission nous appelle à construire des communautés où les différences ne sont pas redoutées mais accueillies, où personne n’est excluet où les relations se développent grâce à la compréhension, au dialogue et à la réconciliation.
Une tapisserie est belle parce qu’elle est composée de nombreux fils différents. Chaque fil possède sa propre couleur et son propre caractère, et chacun contribue à la beauté de l’ensemble. De la même manière, les nombreuses cultures, religions et traditions de Singapour se rejoignent pour créer une maison commune.

La Journée de l’harmonie raciale nous rappelle que l’harmonie n’est pas simplement quelque chose que nous célébrons un jour par an. C’est un choix quotidien et une responsabilité partagée, enracinés dans l’amour inclusif de notre Dieu Pasteur. Ensemble, dans toute notre diversité, nous sommes un seul peuple porté par l’amour de Dieu.





