Voix de la terre : Les communautés autochtones redéfinissent la santé et la justice à l’UNPFII 2026

Voix de la terre : Les communautés autochtones redéfinissent la santé et la justice à l’UNPFII 2026

Voix de la terre : Les communautés autochtones redéfinissent la santé et la justice à l’UNPFII 2026

Voix de la terre : Les communautés autochtones redéfinissent la santé et la justice à l’UNPFII 2026

Voix de la terre : Les communautés autochtones redéfinissent la santé et la justice à l’UNPFII 2026

Voix de la terre : Les communautés autochtones redéfinissent la santé et la justice à l’UNPFII 2026

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Par Mme Kimberly Happich Moloche, représentante principale des ONG de GSIJP, New York

Pendant deux semaines en avril 2026, les couloirs des Nations Unies à New York ont résonné de voix venues du monde entier : des voix enracinées dans la terre, la culture, la mémoire et la résistance.

Lors de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones 2026, des dirigeants, des militants et des communautés autochtones se sont réunis autour du thème «Garantir la santé des peuples autochtones, y compris dans un contexte de conflit». Pourtant, au fil des échanges, il est apparu clairement que cette conversation ne se limitait pas à la santé. Il s’agissait d’une réflexion plus profonde sur la terre, la dignité et les peuples.

Capture d'écran

Pour Bon Pasteur International pour la Justice et Paix, la présence de l’organisation au Forum s’est d’abord fondée sur l’écoute. Au fil des sessions, du Caucus mondial des femmes autochtones aux dialogues sur l’exploitation minière et le climat, des voix ont fait écho à des réalités partagées. Qu’elles viennent d’Équateur, du Kenya, de Bolivie, des Philippines ou des États-Unis, les communautés autochtones ont décrit des expériences qui, bien qu’ancrées dans des contextes différents, présentaient des similitudes frappantes : des terres devenues dangereuses et des processus décisionnels qui excluent les personnes les plus touchées. Pourtant, à côté de ces réalités, un puissant sentiment de solidarité s’est également fait sentir. Dans toutes les régions, on a constaté une reconnaissance de la lutte et de la résistance partagées, des communautés solidaires protégeant leur culture et défendant leurs droits.

L’une des leçons les plus profondes du Forum, que nous reconnaissons pleinement dans notre propre travail au sein de BPIJP, est que la santé des personnes et la santé de la planète sont indissociables. Les témoignages partagés tout au long des sessions l’ont clairement démontré : des rivières contaminées par le pétrole contribuant à la malnutrition infantile ; des systèmes alimentaires perturbés par la destruction de l’environnement ; et des médecines traditionnelles devenues inaccessibles. Il ne s’agit pas de défis environnementaux isolés, mais de réalités vécues qui révèlent comment les atteintes à l’environnement affectent directement la dignité et le bien-être humains.

À maintes reprises, les femmes autochtones se sont retrouvées au cœur de ces échanges. Elles sont dirigeantes, soignantes, gardiennes du savoir et protectrices de la terre. Elles perpétuent des traditions qui soutiennent les communautés. Parallèlement, elles font face à des risques croissants. Les participants ont évoqué la violence grandissante à l'égard des femmes autochtones, celles qui sont menacées, disparaissent ou sont tuées pour avoir protégé leurs territoires et leurs communautés. Leur expérience souligne l'urgence de reconnaître leur leadership et les injustices structurelles auxquelles ils sont confrontés.

Tout au long du Forum, un appel clair et constant à la reddition de comptes a été lancé. La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, qui fêtera bientôt son vingtième anniversaire, demeure inégalement mise en œuvre. Des engagements tels que le consentement libre, préalable et éclairé sont largement reconnus, mais trop souvent bafoués dans la pratique. Les communautés continuent de voir des décisions prises sans leur participation, et les ressources n'atteignent fréquemment pas les personnes les plus directement touchées. Les dirigeants autochtones n'ont pas réclamé de nouvelles promesses, mais le respect de celles déjà faites.

L'une des réflexions les plus troublantes portait sur la dynamique mondiale en faveur d'une «transition écologique». Si l'action climatique est urgente, de nombreux dirigeants autochtones ont exprimé des inquiétudes quant à la manière dont cette transition est menée. L'extraction des minéraux nécessaires aux énergies renouvelables s'intensifie rapidement, souvent sur les terres autochtones. Ces activités entraînent destruction de l'environnement, pénurie d'eau et conséquences sanitaires à long terme. Ce qui est présenté à l'échelle mondiale comme un progrès peut, localement, être perçu comme la perpétuation de systèmes extractifs qui causent des dommages depuis longtemps. Pourtant, au milieu de ces défis, un fort espoir subsistait, ancré non pas dans l'abstraction, mais dans un savoir vécu. Les communautés autochtones détiennent un savoir ancestral sur la protection de la Terre, la préservation des écosystèmes et le renforcement de la résilience. Ce savoir n'est pas théorique ; il est pratiqué, vécu et transmis. Les filles et les femmes autochtones, en particulier, jouent un rôle central dans sa transmission, offrant un leadership à la fois enraciné dans la tradition et adapté aux réalités actuelles.

Notre participation au Forum nous a rappelé que le plaidoyer commence par l'accompagnement. Il exige une écoute attentive, la reconnaissance de l'interdépendance des enjeux et la garantie que les conversations mondiales soient façonnées par les personnes les plus touchées. Les voix entendues lors du Forum des Nations Unies sur l'innovation en matière de droits de l'homme (UNPFII) nous invitent à poursuivre notre mission de Bon Pasteur, à défendre la dignité, à plaider pour la justice et à promouvoir des systèmes respectueux des personnes et de la planète.

En définitive, cette expérience nous confronte à une vérité simple mais urgente : les solutions existent déjà au sein des communautés les plus touchées. La question est de savoir si le monde est prêt à écouter et à agir en conséquence.

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