Adapté d'une contribution de Judith Dumbutshena, coordinatrice de la communication, Unité Afrique du Sud
Chaque année, le 18 juillet — jour anniversaire de Nelson Mandela, affectueusement surnommé Madiba — des personnes à travers l'Afrique du Sud et le monde entier s'arrêtent pour honorer un homme qui a consacré 67 années de sa vie à la quête de justice, de liberté et de dignité humaine. Ce chiffre, 67, est devenu un symbole de service désintéressé, une invitation pour chacun d'entre nous à consacrer au moins 67 minutes de son temps à une personne dans le besoin.
Pour les Sud-Africains, la Journée Mandela revêt une importance particulière. La vie de Madiba s'est déroulée sur fond d'apartheid, un système qui a privé des millions de personnes de leur dignité, fracturé les communautés et laissé de profondes blessures dans le tissu social. Port Elizabeth, où est implantée la mission Akhanani du Bon Pasteur , porte encore ces stigmates : dans ses quartiers sous-équipés, au sein des familles confrontées à la pauvreté et chez les enfants dont l'avenir est incertain. C'est ici, là même où l'injustice a laissé sa marque, que le message de la Journée Mandela s'avère le plus urgent.
Mandela croyait, avec une conviction inébranlable, que la liberté s'accompagne de responsabilités. «Le moment est venu», disait-il, «d'accepter dans nos cœurs et nos esprits que la liberté implique la responsabilité» C'est cet esprit — fait de responsabilité mutuelle et de souci des plus vulnérables — qui est au cœur de notre action en tant que religieuses et partenaires de mission. La mission du Bon Pasteur a compris depuis longtemps que répondre à la souffrance des filles, des femmes et des enfants relève de culture universelle de justice ; c'est là tout le sens d'une présence réconciliatrice dans le monde.

Cette année, à la mission Akhanani du Bon Pasteur, des religieuses ont planté des papayers dans le quartier n° 29, symbolisant la croissance, la durabilité et la future sécurité alimentaire des familles locales. L'engagement de la communauté du Bon Pasteuren faveur de l'écologie intégrale, du respect de la Terre et de l'épanouissement des communautés, s'est concrétisé par le travail de la terre et la plantation de graines.
Parallèlement, le groupe d'artisanat de la mission a confectionné au crochet une couverture et une paire de chaussettes chaudes pour dormir ; ces articles ont été offerts par des enfants participant au programme des vacances d'hiver à une personne âgée de la communauté — un geste porteur d'une chaleur bien plus profonde que le simple confort matériel.

Au centre de la Mission, des enfants participant au programme d'accueil périscolaire ont préparé et servi de la soupe chaude aux autres participants. Ce faisant, ils ont incarné une vérité chère à Mandela : la générosité et le leadership ne sont pas l'apanage des puissants. Ils peuvent naître de gestes simples accomplis par des jeunes désireux d'offrir ce qu'ils possèdent à ceux qui en ont besoin.
À la Mission du Bon Pasteur d'Hebron, les membres de la communauté ont consacré leurs « 67 minutes » à nettoyer, réparer et entretenir les locaux, l'école et les jardins de la Mission. Leur volonté de servir reflétait la véritable essence de la Journée Mandela : bâtir des communautés plus solides grâce à des actions désintéressées.

Ce qui unit ces moments, c'est une profonde convergence entre l'héritage de Mandela et la mission pérenne du Bon Pasteur. Toutes deux reposent sur la conviction que chaque individu possède une dignité intrinsèque. Toutes deux nous appellent à soutenir les personnes marginalisées, à accompagner les plus vulnérables et à bâtir des communautés où personne n'est laissé pour compteLa philosophie africaine de l'Ubuntu — «Je suis parce que nous sommes» — traverse ces deux visions comme un fil conducteur, nous rappelant que notre humanité est intimement liée à celle d'autrui.
La Journée Mandela est une invitation à vivre différemment au quotidien. Par leur engagement enthousiaste, les religieuses, le personnel, les partenaires, les bénévoles et les membres de la communauté de la Mission du Bon Pasteur en Afrique du Sud apportent une réponse éloquente à cet appel, à travers la plantation d'arbres, la confection de cadeaux, la distribution de repas chauds et l'entretien soigné des jardins. C'est ainsi qu'un héritage perdure. C'est ainsi que la justice prend racine.






