Sœur Andrea MacEachen, originaire de Grande-Bretagne, a consacré la majeure partie de ses 54 années de vie religieuse à travailler dans des internats pour adolescentes, « apprenant d’elles bien plus qu’elle ne pourrait jamais leur enseigner ». Par la suite, elle a enseigné à de futurs enseignants au niveau universitaire. Aujourd’hui, elle travaille dans la paroisse locale de Notre-Dame de Lourdes, dans le village où elle a rencontré pour la première fois les Sœurs du Bon-Pasteur. Lors de sa récente visite à la Maison Généralice, elle s’est entretenue avec le Bureau de la Communication au sujet de l’histoire de sa vocation.
Quand j’étais petite fille, j’ai trouvé dans église chez moi, au fond -j’avais peut-être 6 ans - et j’ai trouvé un petit dépliant froissé au fond de l’église. Et je l’ai ramassé pour voir ce que c’était. Et sur ce dépliant, j’ai vu une image d’une belle, belle religieuse et de l’autre côté une image, et en dessous il était écrit 'la porte verte'. Et je me suis demandé où est cette porte verte et où est cette belle religieuse ?
Alors, moi, tout ce qui était sur le dépliant écrit au dos était en français alors je l’ai ramené à la maison et je l’ai regardé et étudié pour découvrir ce que signifiaient les mots. Et je me suis rendu compte que cette femme, cette belle femme, était Mère Ursula Yung et qu’elle était à Angers, en France derrière la porte verte.
Alors, je me suis décidée. J’ai préparé un petit sac, et je l’ai fait, j’avais un petit sac rose et j’y ai mis tous mes petits bonbons et objets précieux et les choses que je voulais emporter avec moi et je suis partie vers la gare qui était près de chez moi et je me suis assise sur le quai et le chef de gare est sorti et a dit «Et: Où allez-vous, mademoiselle ?» et moi, j’ai dit «Je vais en France, y a-t-il un train pour la France ?» et il a dit «Pas encore, mais il arrivera.»et alors je j’ai dit que «j’attendrais ici le train pour la France» mais il a dit «Pourquoi allez-vous en France ?» et je lui ai montré le dépliant et j’ai dit Je vais voir cette femme. Alors lui, ensuite, il a disparu et bien sûr plus tard dans ma vie d’adulte j’ai découvert qu’il était allé téléphoner à un voisin qui avait le téléphone pour dire à ma mère de venir me chercher.
Alors ma mère est arrivée à la gare et elle s’est assise sur le banc à côté de moi et elle a dit : «Où vas-tu, ma chérie ?». J’ai dit que «j’allais en France voir cette femme derrière cette porte verte» et elle a dit : «Oh, c’est une très très bonne idée mais peut-être rentre d’abord à la maison pour dîner. » Alors je suis rentrée à la maison avec ma mère et j’ai dîné et j’ai oublié la porte verte.
Attirés vers le Bon Pasteur
J’avais donc oublié pendant quelques années la porte verte. Mais trois ans plus tard, quand j’avais 9 ans, mon père m’a acheté un vélo. Un vélo, j’étais tellement heureuse d’avoir un vélo. Et l’une des raisons était qu’au bureau de poste près de chez moi, si les enfants avaient des vélos, ils pouvaient livrer des télégrammes. Et une des dames du bureau de poste m’a demandé si je livrerais un télégramme à Sœur Marie de Saint Antoine. Dont c’était le jour de fête.
Alors j’étais en train de livrer un télégramme de félicitations et j’allais recevoir beaucoup d’argent. 9 pence pour apporter le télégramme parce que c’était assez loin en dehors du village, au Couvent du Bon Pasteur. Alors je suis allée à vélo au Couvent du Bon Pasteur. Je n’avais jamais rencontré de religieuse auparavant, je pensais et je j... J’ai frappé à la porte et une sœur a répondu, une petite vieille sœur, et elle a dit «entrez, entrez», et au début elle voulait prendre le télégramme de mes mains et j’ai dit« non. On m’a dit que je devais le donner à Mère Saint Antoine», alors elle m’a fait entrer.
Et Mère Saint Antoine et une autre sœur, Sœur Augustine, et elle-même, Sœur Thérèse, toutes les trois prenaient le thé pour célébrer la fête de Saint Antoine et alors. Elles ont dit viens t’asseoir et j’ai remis le télégramme à Mère Saint Antoine. Et elles m’ont demandé, «veux-tu un gâteau ?» Et elles ont passé l’assiette de gâteaux et j’ai pris un petit gâteau modeste dans l’assiette. Il y avait de magnifiques grands gâteaux à la crème, mais moi je voulais le petit. Et elles pensaient que c’était une sorte de bonté de ma part, mais moi j’aimais le petit.
Enfin, une des sœurs m’a dit, «que vas-tu devenir quand tu seras grande ?» Oh j’ «ai dit je vais devenir religieuse» . «Et pourquoi ? Pourquoi vas-tu devenir religieuse ?» «Et c’est parce que ma maman m’a dit que les religieuses prient tout le temps et prier est ma chose préférée j’adore prier alors je veux être religieuse afin de pouvoir prier toute la journée et toute la nuitetc. » Une, l’une des sœurs, Sœur Augustine, a dit, «, tu sais, être religieuse n’est pas un lit de roses».
Et j’ai trouvé cela un peu décourageant. Mais j’ai retenu ce qu’elle a dit. Ce n’est pas un lit de roses. Donc enfin, j’étais très heureuse d’avoir mon petit biscuit et de partager avec les sœurs et je les aimais beaucoup. Et même si cela n’allait pas être un lit de roses, je voulais quand même être religieuse.
À cette époque, je pensais que j’allais être le genre de religieuse qu’était Sainte Thérèse. Comme une religieuse qui priait toute la journée et toute la nuit. Je ne connaissais pas encore le travail du Bon Pasteur à cette époque, même si le couvent était si près de chez moi. Alors je suis partie, heureuse d’avoir rencontré ces sœurs pour la première fois et. Ce fut l’étape suivante dans mon lien avec le Bon Pasteur.
La Promesse Tenue
Me voici donc debout devant le Généralat des Sœurs du Bon Pasteur. Donc, évidemment, je suis devenue Sœur du Bon Pasteur. Mais comment cela est-il arrivé ? J’avais fait leur connaissance ou entendu parler d’elles quand j’étais encore une toute petite fille de six ans voulant s’enfuir pour trouver la porte verte, puis je les ai rencontrées quand j’avais 9 ans et elles m’ont dit que ce n’était pas un lit de roses. Mais je suis entrée quand j’avais 18 ans, et. Je…j’ai eu une merveilleuse vie au Bon Pasteur. J’en ai aimé chaque minute. J’ai travaillé jour et nuit avec nos filles et nos femmes qui sont venues vers nous pour demander de l’aide, et j’ai aimé tout cela. Et je remercie Dieu chaque jour pour tout cela.
Un jour, lorsque j’étais au couvent de Manchester. Une sœur âgée a été admise dans la maison de repos et elle m’a fait demander de venir lui parler. Elle était mourante. Et elle a dit : «je veux te raconter. L’histoire. Que tu ne connais peut-être pas. À propos de ta vie et de ton premier lien avec le Bon Pasteur». Je suis née très prématurément comme un tout petit bébé. Ma mère ne savait même pas qu’elle m’avait mise au monde. Elle était très malade. Je suis arrivée très tôt et je ne pesais que deux livres et quelques, et ainsi on ne pensait pas que je survivrais. Il n’y avait pas de couveuses à cette époque.
et donc les religieuses qui étaient à la maternité ont dit à ma mère : «ramenez votre petit bébé à la maison, mettez-la à l’aise, mais elle ne vivra pas». Alors ma mère et mon père ont pris un taxi avec moi et ma mère a dit :« ne rentrons pas à la maison, allons au couvent. Voilà. Et nous pouvons demander aux sœurs de prier». Alors elle m’a emmenée au couvent et une très jeune sœur a ouvert la porte. Et. elle, elle ne savait pas vraiment quoi faire, mais elle a dit à ma mère : «come to the Chapel».
Venez à la chapelle. Alors nous sommes allées à la chapelle et la jeune sœur a dit :« déposez simplement le bébé sur l’autel». Et d’autres sœurs s’étaient rassemblées autour à ce moment-là. Et la jeune sœur a dit :« simplement, maman, faites votre prière, dites la prière que vous voulez pour votre petite fille ».Et elle pensait que ma mère dirait :« sauvez ma petite fille, guérissez-la, rendez-la bien portante». Mais la prière de ma mère était : «Seigneur, tu m’as donné la plus belle petite fille du monde. Et si tu la veux de retour, tu peux la prendre. Et». La jeune sœur était en larmes à cette prière. Et, le bébé a été rendu à ma mère, moi-même car j’étais le bébé rendu à sa mère et ma mère est rentrée à la maison en pensant que je mourrais.
et, ce n’est que lorsque cette sœur qui était dans la maison de repos m’a dit : «j’étais cette jeune sœur. Et je me souviens de votre mère, et je me souviens de la prière de votre mère, et je veux vous raconter l’histoire». Et elle a dit : «je vous ai suivie tout ce temps sans que vous le sachiez. J’ai suivi ce que vous faisiez dans votre vie et je ne pouvais contenir ma joie quand j’ai appris que vous alliez entrer chez les Sœurs du Bon Pasteur. Et nous voici donc, deux Sœurs du Bon Pasteur ensemble qui se sont rencontrées quand vous n’aviez que deux semaines et que j’étais juste une jeune sœur et nous sommes ici ensemble maintenant et je vais vers Dieu maintenant. Et votre histoire, vous étiez destinée à être du Bon Pasteur. Vous étiez consacrée au Bon Pasteur».
Et me voici donc ici à Rome, au Généralat du Bon Pasteur, après 54 années si heureuses. Merci, Seigneur, merci, Bon Pasteur, et merci à cette sœur, son nom était Sœur Marie Bernardine. Merci à tous ceux qui m’ont conduite sur ce chemin.
J’aime ma vocation du Bon Pasteur. Merci.




