Par Sergio Carrión, chargé de communication, Province d’Argentine/Uruguay, en collaboration avec Sœur Mónica Scavuzzo
Le 8 mai 2026, sœurs et partenaires en mission d’Argentine et d’Uruguay ont célébré la fête de Notre-Dame de Luján, sainte patronne de l’Argentine. Pour ces deux pays, qui servent la mission en une seule province au sein de la Congrégation, cette date n’est pas une fête comme les autres. Elle nous rappelle l’un des moments les plus beaux, mystiques et providentiels de notre histoire, sur l’estuaire du Río de la Plata, qui borde nos deux pays : la promesse et le miracle qui ont donné naissance à l’Église lors de notre seconde fondation à Montevideo, en Uruguay.

Une grave maladie et une foi inébranlable
À la fin du siècle dernier, l’histoire de notre province a croisé miraculeusement le chemin de la Vierge Marie. Notre chère sœur Marie de Saint Augustin de Jésus — née Josefa Fernández Concha en 1835 à Santiago du Chili, et qui a œuvré directement auprès de sainte Marie Euphrasie — était en visite à la Maison provinciale de Buenos Aires, en Argentine, lorsque sa santé s'est gravement détériorée.
Une affection grave et douloureuse de l'oreille a conduit les médecins à décider qu'elle devait subir une intervention chirurgicale, opération extrêmement lourde pour l'époque : il a fallu lui ouvrir le crâne. La date de l'opération étant fixée, la communauté s'est mise en prière. Elles ont commencé à prier avec ferveur une neuvaine à Notre-Dame de Luján, faisant la promesse que si la sœur guérissait, elles dédieraient à Notre-Dame de Luján l'église qu'elles projetaient de construire à Montevideo.

L'huile et le miracle
Durant ces neuf jours de prière, les sœurs ont apporté de l'huile de la lampe du sanctuaire de Notre-Dame de Luján et en ont imbibé un petit morceau de coton qu'elles ont placé dans l'oreille de sœur Marie de Saint Augustin.
Ce qui se produisit la veille de l'opération stupéfia les médecins. Un petit os tomba de l'oreille affectée. Sans en comprendre pleinement la signification, les sœurs le montrèrent au chirurgien, le docteur Segura. Après avoir examiné la patiente, le médecin, stupéfait, déclara que l'opération n'était plus nécessaire : l'oreille était complètement guérie. Sœur Marie de Saint Augustin, qui avait consacré sa vie à la promotion de la dignité des femmes à travers le continent, avait ainsi ressenti la grâce de Notre-Dame de Luján.
L'approbation de l'Enfant
Comme souvent pour les grandes œuvres de Dieu, le chemin ne fut pas sans embûches. Après le miracle, les premiers bienfaiteurs furent contraints de se retirer du projet pour des raisons indépendantes de leur volonté. De nombreuses années passèrent, et il sembla que la promesse risquait d'être oubliée.
However, in 1927, Providence revealed herself again under the guidance of Sr. Mary of Saint John Berchmans Salcedo. A generous benefactor, Don Rafael Algorta Camusso, visited the community and asked why the church hadn’t been built. Upon learning of the lack of resources, he spoke the now infamous words on behalf of himself and his wife: “Sister, begin the construction, and Helmira and I will be the laborers.”
Un autre moment profondément mystique se produit alors. Depuis sa plus tendre enfance, Sœur Marie de Saint Augustin avait toujours porté sur elle une petite image de l'Enfant Jésus, qui l'accompagnait dans toutes ses missions et tous ses voyages. Lorsqu'on demanda à l'un des responsables présents s'il fallait accepter la proposition d'Algorta, la réponse vint, accompagnée d'un clin d'œil céleste qui semblait relier le passé et le présent de la Congrégation : «L'Enfant veut que l'église soit construite. »
Un héritage de foi qui résonne encore aujourd'hui
Les plans furent immédiatement confiés à l'architecte Guillermo Armas, et ce qui avait commencé comme un miracle de guérison physique à Buenos Aires prit forme en briques, en foi et en gratitude à Montevideo.

Aujourd’hui, nous nous interrogeons sur l’identité de la Province Argentine/Uruguay face à sa restructuration, et ce récit historique nous rappelle que les frontières s’estompent lorsque la foi est grande. L’église Notre-Dame de Luján à Montevideo n’est pas seulement un lieu de culte ; elle est le témoignage vivant d’un petit os déplacé, d’une promesse qui a résisté au temps, d’un Enfant Jésus qui a donné son approbation, et d’un manteau maternel qui, depuis Luján, continue d’offrir un refuge tout au long du cheminement de notre communauté du Bon Pasteur.

En reconnaissance de son engagement en faveur de la justice sociale, la Congrégation a créé le Fondation Madre Josefa au Chili, sur lequel vous pouvez en savoir plus ici.






