Là où résiste l’espérance : Témoignages du front humanitaire libanais

Là où résiste l’espérance : Témoignages du front humanitaire libanais

Là où résiste l’espérance : Témoignages du front humanitaire libanais

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Par Sœur Antoinette Assaf, Directrice du Bureau de développement des missions au Liban

Pour la cinquième semaine consécutive, le Liban est ravagé par un bilan humain et matériel immense. Une campagne intensive de bombardements et de frappes aériennes quotidiennes cible le Sud, la vallée de la Bekaa, le cœur dense de Beyrouth et d'autres régions du pays. Plus d'un millier de personnes ont été tuées et des milliers d'autres blessées, tandis que plus de 1,2 million ont été contraintes de fuir leurs foyers, provoquant l'une des crises de déplacement les plus rapides de l'histoire du pays.

À cette destruction matérielle s'ajoute une double obscurité : extérieure, où des coupures de courant chroniques plongent les villes dans le noir complet au crépuscule, et intérieure, où l'âme a le sentiment que l'avenir s'est évanoui dans un tunnel d'incertitude.

La peur n'est plus une émotion passagère, mais un état permanent. Les gens arpentent les rues dans un état de vigilance traumatique et constant. Le moindre sifflement dans le ciel ou un bruit soudain provoque un sursaut, car la mort est devenue une loterie arbitraire. Personne ne sait s'ils pourront rentrer chez eux ou si l'immeuble voisin sera la prochaine cible.

Pour ceux qui ont fui, la lutte continue dans des abris et des écoles surpeuplés, où la survie remplace le quotidien. Dans ces espaces, l'intimité est inexistante, l'accès à l'eau potable et aux médicaments est un combat permanent, et le froid représente une menace croissante, tandis que les familles dorment sur de minces matelas à même le sol.

Le fardeau le plus cruel est peut-être le conflit intérieur que représente cette normalité forcée : la nécessité de traverser des zones dangereuses pour gagner sa vie et nourrir sa famille, tout en faisant comme si de rien n'était. Cet état d'esprit collectif implique de parler de tâches professionnelles banales tout en sachant que son propre quartier a peut-être été touché quelques heures auparavant.

Les besoins qui en résultent sont immenses, allant des produits de première nécessité nécessité comme le lait infantile et les médicaments pour les maladies chroniques, au soutien psychologique profond indispensable à une population – en particulier les enfants – marquée par le bourdonnement incessant des drones. Pourtant, au milieu des décombres, une lueur d’espoir subsiste, non pas dans la politique, mais dans la solidarité indéfectible d’inconnus qui cuisinent les uns pour les autres, et dans le refus farouche du peuple libanais de se laisser anéantir.

Les Sœurs du Bon Pasteur et leurs partenaires de mission, présents sur le terrain depuis les premiers jours de la crise, continuent d’amplifier leur action, s’adaptant chaque jour pour répondre à des besoins non seulement croissants, mais aussi de plus en plus complexes.

Una respuesta que sigue creciendo

Ce qui ressemblait autrefois à une urgence se transforme désormais en une réalité prolongée. Les gens vivent en mode survie et beaucoup cherchent encore la stabilité, incertains de ce que l'avenir leur réserve

Enfants en situation de crise : une réalité difficile à supporter

Pour Sœur Annie Kahwajian, coordinateur du projet sur la santé mentale au Centre de santé communautaire Saint-Antoine dans Roueissat-Jdeideh, la souffrance des enfants est l'un des aspects les plus pénibles de cette crise. Lors de ses récentes visites, elle a été bouleversée par ce qu'elle a vu: ''Beaucoup d'enfants n'avaient pas de chaussettes… ils sont constamment malades. »

Les conditions de vie restent précaires : espaces froids, chauffage insuffisant et accès limité aux produits de première nécessité. Les maladies se propagent rapidement, tandis que les familles peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Les repas ne sont souvent pas préparés dans les abris et le quotidien est complètement bouleversé.

Au-delà de ces conditions difficiles, des blessures plus profondes sont visibles. Sœur Annie parle de jeunes femmes qui n'ont jamais eu la chance d'apprendre ou d'aller à l'école, nous rappelant que la vulnérabilité n'a pas commencé avec la guerre, mais qu'elle n'a fait que l'exacerber.
«C'est vraiment déchirant,'' dit-elle, en pensant aux familles qui ont tout perdu alors qu'elles n'ont joué aucun rôle dans le conflit.

«L’amour de Dieu et l’amour du prochain sont indissociables ; nous devons aimer notre prochain du même cœur et du même amour que nous avons pour Dieu, ou plutôt, c’est Dieu que nous devons aimer en notre prochain. »
— Saint Jean Eudes

Sous une pression constante : Servir malgré la peur

Face à ces besoins croissants, les équipes sur le terrain poursuivent leur action malgré l’immense pression.

Depuis le Centre de soins de santé primaires Saint-Antoine de Roueissat-Jdeideh, Sœur Hanan Youssef décrit une réalité marquée par la peur et l’urgence : ''Chaque jour, le nombre de personnes déplacées augmente,'' témoigne-t-elle.

 

Malgré la pression, l’équipe continue de visiter les centres d’hébergement, de fournir des soins médicaux, des médicaments et des produits de première nécessité. Leur attention se porte sur les personnes les plus vulnérables :elderly people, women, children, as well as patients living with chronic illnesses and pregnant women enceintes nécessitant un suivi médical.

Even when resources are limited, their commitment remains unchanged: to welcome and treat everyone with dignity: “Nous offrons ce que nous pouvons, gratuitement et sans discrimination,'' affirme-t-elle, car le centre soutient aussi bien les familles hébergées dans des refuges que celles accueillies par les communautés locales.

Préserver sa dignité

À travers toutes ces rencontres, une vérité demeure constante : cette crise ne se résume pas à la perte d’un logement, mais aussi à la nécessité de s’accrocher – à sa santé, à sa stabilité et à sa dignité.

Derrière chaque chiffre se cache une personne qui porte le poids de la perte, de la peur et de l’incertitude. Pourtant, au cœur de cette épreuve, nos sœurs et partenaires continuent de les accompagner, leur offrant non seulement une aide concrète, mais aussi leur présence, leur compassion et le rappel qu’elles ne sont pas seules.

Soutenez notre intervention d'urgence « Le Bon Pasteur » au Liban par l'intermédiaire du GSIF ; votre aide fera toute la différence pour les familles déplacées qui ont un besoin urgent d'aide : www.gsif.it/crisis-lebanon

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