Adapté d'une contribution de Judith Dumbutshena, coordinatrice de la communication, Unité Afrique du Sud
À Pretoria, en Afrique du Sud, des jeunes et des religieux et religieuses se sont récemment réunis pour renforcer l'une des formes de prévention les plus importantes dans la lutte contre la Traite des êtres humains : aider les communautés à identifier les risques, à se protéger mutuellement et à réagir avec courage et compassion.
Talitha Kum Afrique du Sud, en collaboration avec la Conférence des responsables de la Vie Consacrée en Afrique Australe (LCCL-SA) et en partenariat avec la Conférence des évêques catholiques d'Afrique australe (SACBC), a organisé un atelier de formation de trois jours pour les jeunes ambassadeurs au Centre de retraite Padre Pio à Pretoria , en Afrique du Sud, du 12 au 14 mai 2026. Les participants étaient des jeunes de 18 à 30 ans se préparant à devenir ambassadeurs de la lutte contre la Traite des êtres humains dans leurs communautés

Pour le réseau du Bon Pasteur, l'atelier a démontré comment les jeunes leaders, les religieuses et les partenaires de mission peuvent collaborer pour apporter une réponse commune à la Traite des êtres humains. Ce programme reflétait également la vision du programme Talitha Kum Africa Jeunes Ambassadeurs, qui place les jeunes au cœur de la prévention et les forme pour sensibiliser et protéger leurs pairs. Cette année, le programme a touché des participants de pays d'Afrique de l'Est, d'Afrique australe, d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest.

Sello Mashaba, partenaire de mission du Bon Pasteur et jeune ambassadeur Talitha Kum Afrique du Sud, a représenté Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur lors de l'atelier et a fait partie de l'équipe de planification. La semaine suivante, il a animé une conférence de sensibilisation sur la Traite des êtres humains auprès des participants du Centre de compétences de la Mission du Bon Pasteur à Hébron. Cette intervention a permis de mettre la formation directement en pratique au sein de la communauté et a démontré comment la formation peut se traduire en actions concrètes lorsque de jeunes leaders sont soutenus et responsabilisés.

Sœur Zelna Oosthuizen, présidente de LCCL-SA, a animé une partie de l'atelier et a investi les jeunes ambassadeurs de leurs fonctions à la fin de la rencontre. Son rôle a témoigné de notre engagement en Afrique du Sud à lutter contre la Traite des êtres humains comme un défi moral, social et pastoral.
Durant cette formation de trois jours, les participants ont examiné la définition de la Traite des êtres humains, les cadres juridiques des Nations Unies et de l'Afrique du Sud qui la prennent en compte, et la manière dont ces cadres peuvent être mis en œuvre par le biais de la prévention, du soutien aux victimes et de la protection des survivants. Ils ont également exploré les facteurs de vulnérabilité à la Traite, tels que la pauvreté, la migration, les inégalités, la manipulation en ligne et le manque d'accès à des opportunités sûres.
En Afrique du Sud, la Traite touche particulièrement les femmes, les enfants, les migrants et les personnes économiquement vulnérables. Elle peut prendre la forme d'exploitation sexuelle, de travail forcé et d'autres formes d'abus. En reliant les cadres juridiques aux réalités vécues, l'atelier a permis aux participants de comprendre que la lutte contre la Traite doit être pragmatique, éclairée, empreinte de compassion et centrée sur les survivants.
Les jeunes ambassadeurs ont été encouragés à développer des moyens concrets de sensibiliser les jeunes de leurs diocèses. Cette approche est essentielle car les jeunes ne sont pas seulement des cibles pour les trafiquants ; ils peuvent aussi jouer un rôle déterminant dans la prévention. Par le biais de l'éducation par les pairs, de campagnes locales, d'actions paroissiales et des réseaux sociaux, ils peuvent aider les autres à reconnaître les signes avant-coureurs, à réagir en toute sécurité et à obtenir de l'aide.
La collaboration entre Talitha Kum Afrique du Sud, LCCL-SA et SACBC a également illustré la synodalité en action. Au lieu d’agir séparément, ces instances ecclésiales choisissent d’écouter, de discerner et d’agir ensemble. En Afrique du Sud, cette mission s’est développée au cours des deux dernières décennies, passant d’ateliers destinés aux religieuses à une réponse régionale et nationale plus structurée, liée au réseau international de Talitha Kum et ancrée dans l’appel de l’Évangile à protéger la vie et à restaurer la dignité.
L’atelier de Pretoria était bien plus qu’une simple formation. Il s’inscrivait dans un mouvement de foi, de justice et de responsabilité partagée. Pour la communauté internationale du Bon Pasteur, il a révélé l’essence même de la lutte contre la Traite des êtres humains : une formation qui se mue en protection, une collaboration qui se concrétise en action et de jeunes leaders qui contribuent à bâtir des communautés plus sûres.






